NormandieSport

  1. Titre : Les premiers temps du sport en Normandie à la Belle Époque

Acronyme : NormandieSport

 

Financement obtenu: 40 000 euros

 

  1. Nom du responsable scientifique / Nom du Laboratoire (le cas échéant)

Nom de l’Etablissement gestionnaire :

 

Carpentier Florence et Machemehl Charly, Centre d’Étude des Transformations des Activités Physiques et Sportives (EA 3832) / UFR STAPS de Rouen

 

 

  1. Durée :

 

Durée réelle du projet

- 30 mois

- date de démarrage : 1er octobre 2015

- date de fin : 1er avril 2018

 

 

 

 

  1. Objet et objectifs :

 

 

- Objet :

 

Le sport est un révélateur de la modernité et du cosmopolitisme de la Normandie à la Belle Époque. Notre projet consiste à réaliser une histoire économique, sociale et culturelle des sports en Normandie à la « Belle Époque ». D’une ambition large, la recherche couvrira à la fois les pratiques sportives et les jeux traditionnels, les loisirs de l’élite et ceux des classes populaires, le développement de la presse spécialisée et celui des installations sportives, les débuts du spectacle sportif et ceux du sport scolaire, l’émergence d’une économie du sport avec les premiers équipementiers, les salles privées de gymnastique ou les hippodromes. Nous montrerons aussi que les pratiques sportives qui s’institutionnalisent à la fin du siècle s’inscrivent dans une histoire plus ancienne de la région (la mode des bains de mer, par exemple, débute à Dieppe dans les années 1820). Ce champ d’investigation est loin d’être vierge, puisque plusieurs recherches ont déjà porté sur certains aspects de l’histoire locale des sports et des loisirs (les stations balnéaires, le Havre Athletic Club, le sport à Rouen, etc.), mais aucune n’a jamais été réalisée à l’échelle régionale, ni dans une perspective aussi large que nous l’envisageons. Plus encore, une histoire régionale du sport à cette période n’a jamais encore été faite en France. Elle se justifie d’autant plus ici que la Normandie est une terre d’accueil précoce pour les sports principalement venus d’Angleterre. Grâce au rayonnement mondial du port du Havre au XIXe siècle, à l’axe fluvial et ferré dès 1843 jusqu’à Paris et aux circulations touristiques, la Normandie peut être envisagée comme la première porte d’entrée du sport en France. Cette recherche sera à la fois une contribution à l’histoire du sport, à celle de la Normandie mais aussi à l’histoire de la mondialisation et des circulations culturelles transnationales.

À mi-chemin entre l’Angleterre et Paris, profitant du rayonnement industriel de la première et culturel de la deuxième, la région normande jouit d’une attractivité économique, grâce au port du Havre, et touristique sur les côtes de la Manche qui va favoriser l’implantation et la diffusion précoce des sports dits « modernes » sur son territoire. À ce titre, les Anglais jouent un rôle essentiel en important leur modèle de pratiques fondé à l’époque victorienne. Ainsi, au moment-même où Claude Monet réalise en 1872 au Havre son « Impression, Soleil levant », les employés de la compagnie South Western Railway créen4 le Prelier « Football-Club » de France après avoir installé le premier chemin de fer reliant Paris. D’autre part, les stations balnéaires de la Côte fleurie à la Côte d’Albâtre attirent aussi bien les touristes d’outre-manche, que les voyageurs du Transatlantique ou la « classe de loisir » (décrite par Thorstein Veblen dès 1899) de Paris et d’ailleurs. De la même manière que les paysages normands ont pu enchanter les Impressionnistes, les jeux de plage, le yachting, le cyclotourisme, les nombreux hippodromes et vélodromes ou les territoires de chasse ont incontestablement séduit une élite cosmopolite faisant de la Normandie un terrain de jeu et une destination touristique à la mode. Le jeune aristocrate Pierre de Coubertin (1863-1937), avant d’œuvrer à la création des Jeux olympiques, passe avec bonheur tous les étés de son enfance entre Mirville, Étretat et Sainte-Adresse. Il sillonne ainsi le Pays de Caux à bicyclette, pratique le canotage et joue au volant sur la plage. Plus tard, il nourrira même quelques velléités politiques pour la députation au Havre et reviendra dans cette ville pour organiser le deuxième Congrès olympique en 1897. La Normandie a aussi inspiré des promoteurs du sport d’envergure nationale parmi lesquels Eugène Chapus (1800-1877, fondateur du premier périodique français sur le sport) et Pierre Giffard (1853-1922, pionnier de la presse sportive et organisateur de courses) ou plus tard, Henri Paté (1878-1942, premier sous-secrétaire d’État à l’Éducation Physique dans les années 1920). 

            Mais les conditions d’implantation du sport en France ne peuvent se comprendre sans s’intéresser à d’autres modèles de pratiques physiques telles que les jeux dits « traditionnels » comme les jeux de balle, de boules ou de paume, les fêtes populaires ou les gymnastiques médicales et patriotiques. Il convient alors d’en étudier les réminiscences tout comme leurs résistances face à la diffusion des nouvelles pratiques sportives.

L’étude de la presse spécialisée régionale sera à ce sujet très précieuse, tout comme celle des lieux de pratique (en ville, sur la côte ou sur les bords de Seine) ou celle des toponymes qui informent sur l’usage des espaces, bien après leur transformation, comme la place Boulingrin à Rouen, par exemple. Pour réaliser cet important travail, nous rassemblons une équipe pluridisciplinaire de chercheurs spécialisés dans l’étude des archives, de la presse, de l’architecture, de l’urbanisme, de la littérature française ou encore de l’art. Nous comptons analyser les fonds d’institutions locales (ports normands, musées), départementales (préfectures, associations), du pôle image Haute-Normandie et nationales (BNF, Musée national du Sport à Nice). 

 

 

 

- Objectifs scientifiques 

 

La première ambition consiste à faire un inventaire des sources portant sur le sport normand disponibles dans les centres d’archives locaux, départementaux, nationaux ou étrangers. Le travail collectif de l’équipe permettra aussi de rassembler et de confronter tous les travaux antérieurs sur le sujet et de les mettre en commun pour la première fois dans un projet régional.

Le second objectif consiste à réaliser un ouvrage collectif sur le sport en Normandie à la Belle Epoque, avec une édition française (PURH) et une édition anglaise (Oxford University Press). Présenté sous l’angle d’une histoire de la mondialisation et des circulations culturelles, avec le sport comme objet culturel britannique, ce travail intéresse en effet un public bien plus large que la communauté francophone. C’est pourquoi il nous semble essentiel de le valoriser par une publication anglophone, dans une édition prestigieuse à large diffusion. Le livre publié permettra de valoriser l’université et la Normandie à l’échelle internationale.

Cette publication fera l’objet de demandes de financements alternatifs au GRR CSN.

En termes de diffusion des résultats, le troisième objectif indissociable des deux premiers vise à porter à la connaissance du grand public le patrimoine sportif régional et à diffuser les recherches menées au-delà de la sphère académique. Si l’intérêt scientifique du sport n’est plus à démontrer (l’institutionnalisation de la recherche en sciences du sport et l’accroissement continu des publications et thèses en témoignent), il reste à le faire partager au grand public, qui consomme massivement du sport, mais souvent sans l’envisager comme un produit culturel et patrimonial. L’association du sport et de la Normandie trouvera un écho particulier auprès de la communauté universitaire francophone et anglophone, comme auprès du grand public (ce dont témoigne déjà l’engouement des différents partenaires du projet).  

 

 

 

 

c. Calendrier prévisionnel

 

Décembre 2015 : Séminaire de lancement du projet

Participants : l’ensemble des collaborateurs du projet.

Durée : une journée

Lieu : CETAPS ou IRIHS, Université de Rouen

Programme : présentation détaillée du projet : objectifs, tâches et calendrier. État des lieux des archives sur le sport et la Belle Epoque par les archivistes de Seine-Maritime, de l’Eure et du Calvados. Elaboration d’une bibliographie commune.

 

Décembre 2015 à décembre 2016 : collecte des données relatives aux différents volets du projet.

La collecte des données implique de nombreux déplacements des chercheurs dans les centres d’archives et de documentations de la région, de la Bibliothèque nationale de France et du Musée national du sport à Nice. Travail qui sera facilité par l’implication de plusieurs centres d’archives dans le projet.

Organisation du plan de l’ouvrage.

 

Juin 2016 : Journée scientifique (bilan d’étape)

Participants : l’ensemble des collaborateurs du projet

Durée : une journée

Lieu : CETAPS ou IRIHS, Université de Rouen

Programme : présentations de l’avancée des recherches et ateliers de travail thématiques afin de dresser un bilan d’étape.  

 

Octobre 2016 : symposium sur le sport en Normandie dans le cadre du 20ème congrès de l’European Committee for Sports History

Participants : 4 chercheurs du projet dont Florence Carpentier et Charly Machemehl (coordinateurs du projet)

Lieu : à définir

 

Décembre 2016 : retour des chapitres en français

 

Avril 2017 : remise du manuscrit final aux PURH, traduction du manuscrit en anglais

 

Juin 2017 : remise du manuscrit final en anglais aux Oxford University Press.

 

Octobre 2017 : Publication de l’ouvrage dans les deux langues.

 

Janvier 2017 : Restitution grand public 1

Séances de projection de films sur l’histoire du sport en Normandie (réalisation Pôle Image et coordinateurs du projet)

 

Janvier 2018 : Restitution grand public 2

Inauguration Vernissage de l’exposition itinérante (réalisation ENSA, Ecole d’architecture et coordinateurs du projet)

Inauguration Vernissage de l’exposition fixe (réalisation MuséoSeine, coordinateurs du projet)

Conférences grand public (Coordinateurs du projet)